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Semaine canadienne de la démocratie

 

Gagnants du Défi 2013

Nous sommes heureux de dévoiler les noms des gagnants du Défi national pour la démocratie 2013. Nous avons reçu de nombreuses créations fantastiques, et il n'a pas été facile de choisir les gagnants de cette année. Nous tenons à remercier tous les participants au Défi. Votre travail acharné, votre enthousiasme et votre passion montrent très bien que la démocratie, c'est votre histoire.

Mille mercis à notre formidable jury : la très honorable Michaëlle Jean, Rick Mercer, le maire de Calgary Naheed Nenshi et George Stroumboulopoulos.



Vidéo

1er prix

Adelaide Burrows, 15 ans, de Windsor (Ontario), a remporté un voyage de quatre jours pour deux personnes à Niagara Falls commandité par la Fédération canadienne des municipalités pour assister à son Congrès annuel 2014, pour sa création :

La démocratie : c'est notre histoire

2e prix

Milan Elliott, 16 ans, de North Vancouver (Colombie Britannique), a remporté un iPad de 32 Go d'Apple avec Smart Cover pour sa création :

La démocratie en action (image par image) (original en anglais)

3e prix

Angelica Poversky, 15 ans, de Richmond (Colombie Britannique), a remporté une carte cadeau de 200 $ chez Best Buy pour sa création :

Le crayon de la dynastie (original en anglais)

Image

1er prix

Erik MacLennan, 17 ans, de North Vancouver (Colombie Britannique), a remporté un iPhone de 16 Go d'Apple pour sa création :

Passer le flambeau (original en anglais)

Un bulletin de vote passe d'une main à l'autre.

Description de l'image "Passer le flambeau"

2e prix (ex aequo)

Shauna Lynch, 23 ans, de Chesterville (Ontario), et Carter Smith, 14 ans, de Grande Prairie (Alberta), ont remporté chacun une caméra Hero3 de GoPro pour leurs créations :

Dites-moi à quoi ressemble la démocratie – Voici à quoi ressemble la démocratie (Shauna Lynch) (original en anglais)

De nombreux jeunes se tiennent dans un escalier et brandissent des pancartes colorées sur lesquelles sont inscrits des enjeux liés à la politique nationale.

Description de l'image "Dites-moi à quoi ressemble la démocratie – Voici à quoi ressemble la démocratie"

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Forum + Film = Démocratie en action (Carter Smith) (original en anglais)

On voit de jeunes élèves en compagnie des candidats à la mairie de leur ville.

Description de l'image "Forum + Film = Démocratie en action"

3e prix

Ivan Sadovsky, 14 ans, de Surrey (Colombie Britannique), a remporté une carte cadeau de 200 $ chez Best Buy pour sa création :

L'arbre de la démocratie (original en anglais)

Deux personnages dessinés arrosent un arbre sur les racines desquelles il est écrit « liberté », « justice », « égalité » et « droits de la personne ».

Description de l'image "L'arbre de la démocratie"

Écriture

1er prix

Meagan Campbell, 18 ans, de Halifax (Nouvelle Écosse), a remporté un ordinateur portatif MacBook Air de 11 po et 128 Go pour sa création :

La résilience de notre démocratie (original en anglais)

Si nous commencions à énumérer en ordre alphabétique décroissant les difficultés qui touchent notre démocratie, nous arriverions peut être à « discipline de parti » en fin d'après midi, à « béni oui oui » à minuit et à « apathie des électeurs » le lendemain matin. Vu l'intérêt déclinant du public pour la politique, l'intégrité et la transparence de notre régime démocratique semblent affaiblies et moribondes. Toutefois, s'il est tentant de tomber dans le cynisme, nous avons d'aussi bonnes raisons d'adopter l'attitude inverse. En effet, les ressources d'Élections Canada, l'accès de la population à la technologie et notre capacité à nous inspirer des pratiques à l'étranger démontrent que notre démocratie est, heureusement, résiliente sur tous les plans.

La majorité des optimistes ont l'habitude de soutenir que la démocratie survivra parce qu'elle est ancrée dans nos valeurs depuis la naissance du Canada. Cet argument fait cependant abstraction du fait que les valeurs changent. Dans les années 1900, l'homophobie était sans doute enracinée dans les mœurs, mais aujourd'hui, les parades de la fierté gaie attirent des foules chaque année, et les projets de loi prescrivant l'égalité sont adoptés à l'unanimité. Ainsi, la tradition que constitue notre démocratie vaut la peine d'être mentionnée, mais sans plus. Si notre démocratie est résiliente, c'est en fait grâce aux ressources publiques et privées qui y sont consacrées actuellement et aux idées que nous pouvons reprendre d'autres pays.

Le Canada débourse des millions de dollars pour assurer la transparence et les résultats représentatifs de chaque élection. En Nouvelle Écosse, d'où j'écris, les électeurs peuvent voter de 12 façons; ils peuvent même demander qu'un fonctionnaire électoral leur apporte un bulletin de vote à domicile. Ces mesures ne sont pas simplement un acte de désespoir visant à augmenter la participation à la vie démocratique; elles prouvent plutôt que notre système peut s'adapter à un électorat plus âgé, plus occupé et moins intéressé par la politique. Justement, la Semaine canadienne de la démocratie est peut être la quintessence des efforts déployés par Élections Canada (mais idéalement, on consacrerait une semaine par année à la tyrannie et les 51 autres à la démocratie).

Les Canadiens eux mêmes ont plus de moyens que jamais d'exiger des comptes des gouvernements élus. Grâce à Internet, la transparence ne dépend plus des demandes d'accès à l'information, et le courrier du lecteur n'est plus la seule façon de faire entendre notre voix. Nous pouvons rester au courant des décisions de nos députés et leur envoyer directement – à eux et au reste de nos réseaux sociaux – des messages sur Twitter, même pendant que la Chambre siège. Comme l'a dit le journaliste Matthew Ingraham, l'édition était autrefois une activité commerciale; elle est maintenant un clic. Le Canada compte aussi un grand nombre d'organismes et de médias qui font la promotion de la démocratie. Notons des initiatives locales comme le Springtide Collective, qui organise des discussions de groupe avec des politiciens, et Equal Voice, qui encourage les femmes à faire le saut en politique. Malgré la baisse des ventes de journaux et du financement accordé à la Société Radio Canada, les abonnements en ligne contribuent de plus en plus à financer le journalisme d'enquête. Comme le nombre de programmes de maîtrise en journalisme offerts au Canada a triplé depuis 2000, nous avons peut être une génération de Snowden parmi nous. Moi même étudiante en journalisme, je peux vous confirmer qu'il y a toujours des travaux de recherche et de vérification en cours.

Bien que le système uninominal majoritaire à un tour du Canada garantisse que les partis élus plaisent à une grande proportion de la population, nous pourrions chercher à l'étranger des pratiques électorales qui rendraient notre système encore plus démocratique. Rendre le vote obligatoire ne s'est pas révélé particulièrement efficace en Australie, mais nous pourrions nous inspirer des systèmes de la France et des pays scandinaves, par exemple, où les taux de participation comptent parmi les plus élevés du monde. Peut être que les enfants devraient se familiariser avec la structure parlementaire à l'école ou accompagner leurs parents aux bureaux de vote. Peut être que les députés devraient être tenus de soulever une question à la Chambre si plus de 50 résidents de leur circonscription, plutôt que 100 comme à l'heure actuelle, expriment des préoccupations à ce sujet. La technologie nous permet de prendre facilement connaissance des stratégies adoptées à l'étranger, et nos ressources nous permettent de les mettre en œuvre. Même si notre système est confronté à des difficultés apparemment innombrables, il peut sans aucun doute survivre. En effet, nous pourrions très bien énumérer les forces de notre démocratie, et la liste s'avérerait sûrement beaucoup plus longue.

2e prix (ex aequo)

Ikram Mecheri, 20 ans, de Montréal (Québec), et Margaret Lin, 17 ans, de Richmond (Colombie Britannique), ont remporté chacun une tablette Kobo Arc de 64 Go et une carte cadeau de 100 $ chez Chapters pour leurs créations :

L'émancipation des femmes par la démocratie (Ikram Mecheri)

Sur le plan international, le Canada est souvent cité en exemple pour son modèle démocratique ainsi que pour ses lois qui prônent l'égalité homme-femme. Toutefois, les Canadiens et Canadiennes connaissent-ils vraiment l'histoire de la démocratie dans leur pays? Bien qu'aujourd'hui, la démocratie semble être un acquis dans notre société, ce ne fut pas toujours le cas, et ce encore moins pour les femmes.

Tout d'abord, quelle est la signification réelle de la démocratie? Le mot démocratie descend du mot grec demokratia qui signifie « souveraineté du peuple ». Le but de ce régime politique est de protéger et de défendre les droits et libertés de tous les citoyens de la société. Plus encore, la démocratie ne doit pas être exclusive au pouvoir. Celle-ci implique non seulement l'égalité et l'équité entre tous les citoyens devant l'État, mais aussi dans toutes les sphères de la société. La présence des femmes dans les médias, la reconnaissance des femmes dans la littérature, l'implication des femmes issues de minorités visible dans le monde de la politique et des affaires sont elles aussi des symboles de la démocratie. Il est donc important de reconnaître que cette égalité ainsi que cette émancipation de la femme canadienne est grandement attribuable à l'obtention du droit de vote.

Au Canada, le droit de vote fut seulement accordé en 1918 aux femmes, et ce, après des décennies de lutte acharnée. Ce mouvement fut l'initiative de la première femme médecin, l'ontarienne Emily Howard Stowe et de sa fille Augusta, également médecin. Celles-ci, par le biais de leur Club de lecture, commencèrent à remettre en question le pouvoir politique accordé aux hommes sous le couvert de la démocratie. Durant plus de 40 ans, ces femmes travaillèrent d'arrache-pied afin de sensibiliser la population de leur province à leur combat. Pour cela, elles organisèrent des pétitions, des assemblées publique, des réunions secrètes et même des manifestations. Le contexte social de l'époque ne permettait pas aux femmes de s'exprimer aussi librement qu'aujourd'hui, mais cela ne suffit pas à arrêter ces femmes qui redoublèrent leurs efforts. Ces femmes, qu'on surnomme les suffragettes, avaient compris que leur reconnaissance dans la société ne pouvait se faire autrement que par la voie démocratique. Sans ces suffragettes, notre société n'aurait peut-être pas autant évolué sur le plan démocratique, ni sur la condition féminine.

Aujourd'hui, au Canada, la démocratie sociale ne cesse de faire ses preuves car on voit de plus en plus de femmes accéder au pouvoir. En effet, cinq des onze provinces Canadiennes sont présentement dirigés par des femmes, ce qui en soit est une victoire historique! De même que cette année, le Prix Nobel de la littérature fut décerné à une Canadienne : Alice Munro, qui est grandement respectée dans le milieu pour ses personnages féminins non-sexualisés. Que ce soit en politique, en littérature ou en sport, la présence des femmes dans la société est le fruit d'un long combat démocratique.

Selon moi, l'héritage des suffragettes aux femmes canadiennes a été de leur démontrer que tout pouvait être possible et que notre contribution démocratique ne se fait pas seulement par le biais de la politique. Il y a certes les façons traditionnelles de s'engager tel que manifester, envoyer des lettres de sensibilisations au député, faire du bénévolat au cours d'une campagne et assister aux conseils municipaux. Toutefois, ce ne sont pas les seules façons de s'engager car l'engagement des femmes dans la démocratie sociale se fait aujourd'hui sous plusieurs formes tel que la littérature, la musique, le cinéma, l'entreprenariat, les recherches scientifiques, le bénévolat auprès des personnes vulnérables de la société et plus encore! Finalement, Emily Stowe est morte en 1903, soit plus de 14 ans avant que le droit de vote fut accordé aux femmes. Grande visionnaire, Emily savait que le droit de vote n'était pas nécessairement symbole de liberté mais elle y voyait là une porte d'entrée pour les femmes au pouvoir, à la démocratie, mais surtout à l'égalité.

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Au delà des nuages (Margaret Lin) (original en anglais)

Un bon matin, alors que le ciel commençait tout juste à se teinter de rose, je me suis envolée vers la ville abritant le cœur du gouvernement canadien. Ottawa n'a pas toujours été la capitale du Canada, mais elle a été le théâtre des plus grandes avancées démocratiques de notre pays. C'est à Ottawa que la Loi sur le multiculturalisme canadien, une des composantes clés de notre culture, a vu le jour. C'est aussi à Ottawa que des lois accordant le droit de vote aux femmes, aux minorités et aux Autochtones ont été adoptées. Et c'est là que des erreurs du passé ont été réparées. Depuis mon départ de Vancouver, le sol se dissimulait sous un épais rideau de nuages. Seul le ronronnement des moteurs venait rompre le silence. J'ai commencé à dessiner alors que nous survolions les Rocheuses. Tout à coup, des pics irréguliers ont percé le voile nuageux.

Je me suis mise à réfléchir au symbolisme des nuages. Lorsque le Canada n'était formé que d'un groupe de colons européens et de nombreuses nations autochtones, le doute et la peur jetaient une ombre sur l'avenir des colonies. Les colons avaient apporté une vision du monde radicalement différente, provoquant un affrontement inévitable qui a entraîné maladie, famine et guerre dans son sillage. Les Rocheuses ont alors fait place à des champs de céréales vallonnés, reliés entre eux par des routes. Des parcelles étaient dénudées, comme si la terre se reposait après une année de dur labeur. Ce sont précisément ces champs de blé qui ont poussé des immigrants à quitter leur terre natale pour venir s'installer dans ce lieu hostile que formaient les Prairies canadiennes. Au départ, le Canada n'était qu'une colonie de l'Empire britannique qui avait comme seul et unique but de fournir des ressources brutes à la mère patrie. Mais une rébellion a germé, et le Canada a gagné son indépendance. Pour en relier les habitants, des hommes de toutes origines ethniques ont travaillé comme des forçats à la construction de chemins de fer, bon nombre d'entre eux y laissant même leur peau, et la démocratie canadienne a été mise à l'épreuve par le scandale du Pacifique. Malgré beaucoup de discrimination et de querelles, le Canada a alors commencé à se définir en tant que pays multiculturel.

Au dessus du Manitoba, les nuages ont commencé à se dissiper. Les champs de blé se faisaient de plus en plus rares à mesure que des rivières aux reflets d'argent se frayaient un chemin dans la grisaille du Bouclier canadien en contrebas. Après la Seconde Guerre mondiale, le Canada n'était plus essentiellement un pays de producteurs; il était aussi un pays de consommateurs. L'avancement des droits à l'égalité a lentement fait tomber les vieux préjugés. Les femmes ont pu élire les dirigeants de leur pays. Les membres des minorités ont aussi obtenu le droit de vote et sont devenus égaux à tout autre citoyen canadien devant la loi. C'était une époque sombre : le monde se remettait des pertes énormes causées par la guerre et était sur le point de basculer dans une ère nouvelle, où les armes pouvaient détruire la Terre entière en quelques heures. C'était une époque où la méfiance régnait dans toutes les couches de la société, la chasse aux espions communistes faisant partie du quotidien. Mais les Canadiens se sont tenu les coudes et ont commencé à s'affranchir des vieux préjugés. Lorsque deux superpuissances sont entrées en conflit, le Canada a voulu se faire négociateur et être un exemple de sagesse à l'échelle nationale et internationale. C'est à ce moment que les lacs et les rivières se sont entremêlés pour former un réseau de cours d'eau sillonnant le paysage de l'Ontario. Au terme de la guerre froide, le Canada s'était métamorphosé.

Controversées au moment de leur adoption, des politiques telles que la Loi sur les langues officielles et la Loi canadienne sur la santé se sont graduellement introduites dans notre culture pour finalement définir qui nous sommes. Cinq heures après le décollage, l'appareil a enfin entamé sa descente. Les lumières loin en bas jetaient une lueur orangée parmi les silhouettes grises des imposants édifices. Les feux blancs de la piste d'atterrissage nous ont guidés vers Ottawa, ville du Parlement canadien. J'ai alors eu l'impression que la démocratie canadienne ressemblait à la mosaïque de paysages que nous venions de survoler.

Jadis, la démocratie ne se dressait pas droite et immaculée comme les piliers du Parthénon dans ses jours de gloire. Elle n'était pas juste et équitable même pour les Grecs de l'Antiquité. En fait, elle était un mélange hétéroclite d'idées réunies en un tout utilisable. À l'aéroport, le calme régnait : nous étions peu nombreux au moment où le ciel se teintait de rouge et d'orangé. La diversité se manifestait tout de même; aucun visage n'était pareil, et derrière chacun se trouvait une histoire unique. Dans un salon, un petit groupe d'amis discutaient de politique. Malgré leurs grandes divergences d'opinions, ils ont quand même trouvé le moyen de rire et de se taquiner après un débat sans merci. En fait, c'est peut-être dans ces moments – et non dans le système de santé, le système juridique ou les politiques – que se manifeste la démocratie canadienne. Elle a beau avoir un visage différent pour chaque personne, mais elle demeure la clef de voûte de notre pays.

3e prix

Mitchell MacEachern, 26 ans, de Mississauga (Ontario), a remporté une carte cadeau de 200 $ chez Best Buy pour sa création :

Le Canada de Périclès (original en anglais)

Le facteur Périclès : Le sport, la démocratie et l'apathie des Canadiens à l'égard de la politique, par Mitchell MacEachern

En se qualifiant pour les séries éliminatoires pour la première fois en neuf ans, les Maple Leafs de Toronto ont réussi à galvaniser toute la région du Grand Toronto pendant deux semaines. On voyait des fanions des Leafs battre au vent sur les véhicules de la Gardiner Expressway, tandis que les bars et les restaurants avaient modifié leur menu en réponse à cette nouvelle ferveur. Les jours de match, les partisans envahissaient les rues pour ne rien manquer. Du haut des airs, on aurait dit une rivière se frayant un chemin vers une nouvelle destination, inondant les moindres coins et recoins du Centre Air Canada et des environs. La loyauté, l'esprit de sacrifice, l'empathie et le plaisir par procuration sont autant de raisons qui nous poussent à aimer le sport. Mais les partisans ne sont pas des participants : ils ne sont que de simples observateurs passifs. Comment se fait il que ce genre d'activités vécues par procuration suscite autant d'engouement, de frénésie et d'intérêt? Et pourquoi la politique canadienne n'a-t-elle pas le même effet? Contrairement à l'expérience passive qu'est l'écoute d'un match de hockey, la politique est beaucoup plus interactive : ce sont les électeurs qui décident et qui choisissent leurs représentants, qui ont une incidence directe sur leur quotidien. Si les gens s'intéressent davantage au sport, c'est parce que c'est plus excitant. Comme le niveau de divertissement – l'enjeu – est plus élevé, le déroulement des choses suscite plus d'intérêt. Et pourtant, les décisions politiques sont de la plus haute importance comparativement à l'issue d'un match de hockey. Si les Leafs perdent, tant pis. En revanche, si le Parlement prend une mauvaise décision, 33 millions de personnes sont touchées. Malheureusement, au Canada, la politique est loin de susciter la même attention que les Leafs pendant leur brève participation aux séries éliminatoires.

Pourquoi les citoyens préfèrent-ils regarder au lieu de participer? Pourquoi ne partagent-ils pas le même enthousiasme pour la politique? La réponse remonte peut-être au temps où Périclès régnait sur Athènes, le berceau de la vraie démocratie, où chaque homme avait son mot à dire dans les politiques de la ville. Périclès, le dirigeant de la cité démocratique d'Athènes, a fait ce que très peu de dirigeants politiques ont depuis réussi à faire, et c'est peut-être précisément ce qui explique l'apathie politique qui règne de nos jours. Périclès a amené la plupart des Athéniens à croire en quelque chose de plus grand qu'eux-mêmes et les a convaincus que l'épanouissement de leur pays était à tout le moins aussi important que leur propre quête du bonheur. Il les a amenés à croire qu'en faisant partie d'une démocratie, une personne améliorait à la fois sa propre qualité de vie et celle de ses concitoyens. Et grâce à ce sens de la collectivité, Athènes s'épanouirait en même temps que la population. S'il était important pour la population du Grand Toronto d'écouter les matchs des Leafs au printemps dernier, c'est parce que ces matchs lui donnaient le même sentiment d'accomplissement. Les partisans sont devenus plus que de simples observateurs : ils étaient engagés dans un projet plus grand qu'eux-mêmes. Ils avaient davantage l'impression que leurs gestes comptaient et que leur équipe pourrait perdre s'ils n'étaient pas les meilleurs partisans possible.

Voilà ce que les politiciens canadiens doivent faire pour le pays. En amenant le Canadien moyen à croire en lui même et à compter sur sa place au sein de la communauté, une vraie démocratie comme celle d'Athènes pourrait émerger au Canada. Tout comme les Maple Leafs de Toronto, qui ont amené chacun à croire en l'équipe, nos dirigeants doivent comprendre que les Canadiens cherchent cette équipe à appuyer, et non le cynisme, la corruption, les échecs, les mensonges et les tromperies auxquels on associe maintenant la politique. Ils doivent comprendre que le Canada a bel et bien des partisans qui attendent de se mobiliser, mais qui ont du mal à s'identifier à eux. Si les dirigeants politiques prenaient exemple sur Périclès et les Leafs, ils rallieraient chaque partisan du Canada derrière l'équipe canadienne, créant ainsi une vague d'activisme politique encore jamais vue au pays. Grâce à la convivialité des moyens de communication modernes comme Twitter et à la volonté de chacun de contribuer au succès de toute l'équipe, il serait tout à fait possible de modeler le Canada un peu plus à l'image d'Athènes. Le Canada émergerait de son apathie politique et brillerait par son gouvernement responsable et à l'écoute. Ce serait un pays où l'individu a la même importance que la collectivité, une vraie démocratie mue par des citoyens accomplis et politiquement engagés, qui travailleraient tous ensemble au développement d'un beau pays viable, accueillant et où il fait bon vivre – un pays bien à eux.

Félicitations!

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